Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/102

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l’hyménée, — je ne reverrai point les rues de Rome, — je ne monterai point à mon palais, que d’ici même — je n’aie emmené avec moi cette épousée.


TAMORA.

— Et ici, à la vue du ciel, je jure à Rome — que, si Saturninus élève à lui la reine des Goths, — elle sera pour ses désirs une servante, — une nourrice aimante, une mère pour sa jeunesse.


SATURNINUS.

— Montons, belle reine, au Panthéon… Seigneurs, accompagnez — votre noble empereur et son aimable fiancée, — destinée par les cieux au prince Saturnin, — et dont l’infortune est vaincue désormais par ma sagesse. — C’est là que nous accomplirons la cérémonie nuptiale.

Sortent Saturninus et sa suite ; Tamora et ses enfants ; Aaron et les Goths.

TITUS.

— Je ne suis pas invité à escorter la fiancée. — Titus, quand t’est-il arrivé de rester ainsi seul, — déshonoré et abreuvé d’outrages ?


Rentrent Marcus, Lucius, Quintus et Martius.

MARCUS, montrant le cadavre de Mutius.

Oh ! Titus, vois, oh ! vois ce que tu as fait. — Tu as tué dans une mauvaise querelle un vertueux fils !


TITUS.

— Non, tribun stupide, ce n’est point mon fils ; — vous ne m’êtes rien, ni toi, ni ces traîtres, tes complices dans l’acte — qui a déshonoré toute notre famille ; — indigne frère, indignes fils !


LUCIUS.

— Mais donnons-lui la sépulture convenable, — ensevelissons Mutius à côté de nos frères.