Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/103

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


TITUS.

— Traîtres, arrière ! il ne reposera pas dans cette tombe. — Depuis cinq cents ans subsiste ce monument, — que j’ai somptueusement réédifié ; — c’est à des soldats, à des serviteurs de Rome — qu’est réservé ce lieu de repos glorieux, et non pas à des misérables tués dans une dispute ! — Ensevelissez-le où vous pourrez, il n’entrera pas ici.


MARCUS.

— Monseigneur, c’est impiété à vous ; — les hauts faits de mon neveu Mutius plaident pour lui ; — il doit être enseveli avec ses frères.


QUINTUS ET MARTIUS.

— Et il le sera, ou nous le suivrons.


TITUS.

— Et il le sera ? Quel est le maroufle qui a dit ce mot ?


QUINTUS.

— Quelqu’un qui est prêt à le soutenir partout ailleurs qu’ici.


TITUS.

— Quoi ! vous voudriez l’ensevelir malgré moi !


MARCUS.

— Non, noble Titus ; mais nous te conjurons — de pardonner à Mutius et de l’ensevelir.


TITUS.

— Marcus, tu m’as toi-même frappé dans ma dignité, — et, avec ces enfants, tu as blessé mon honneur. — Je vous regarde tous comme des ennemis ; — ainsi ne m’importunez plus, mais allez-vous-en.


MARTIUS.

— Il ne s’appartient plus ; retirons-nous.


QUINTUS.

— Moi, non, tant que les ossements de Mutius ne seront pas inhumés.

Le frère et les fils de Titus s’agenouillent.