Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/106

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nous, — mais, si nous vivons, nous serons aussi péremptoire avec vous.


BASSIANUS.

— Monseigneur, je dois répondre, du mieux que je puis, — de ce que j’ai fait, et j’en répondrai sur ma tête. — Seulement, j’en avertis votre grâce, — au nom de tous les devoirs qui m’attachent à Rome, — ce noble personnage, le seigneur Titus, que voici, — est outragé dans sa réputation et dans son honneur ; — lui qui, pour vous rendre Lavinia, — a de ses propres mains tué son plus jeune fils, — par zèle pour vous, étant irrité jusqu’à la fureur — d’être contrarié dans le don sincère qu’il vous faisait. — Rendez-lui donc votre faveur, Saturninus ; — dans tous ses actes il s’est montré — le père et l’ami et de Rome et de vous.


TITUS.

— Prince Bassianus, cesse de justifier mes actes. — C’est par toi, et par tous ceux-là, que j’ai été déshonoré. — Je prends Rome et le ciel juste à témoin — de l’amour et du respect que j’ai toujours eus pour Saturnin !


TAMORA, à l’empereur.

— Mon digne seigneur, si jamais Tamora — eut quelque grâce à tes yeux princiers, — permets-moi de parler pour tous indifféremment, — et à ma requête, mon bien-aimé, pardonne le passé !


SATURNINUS.

— Quoi ! madame, être déshonoré publiquement, — et le supporter lâchement sans se venger !


TAMORA.

— Nullement, monseigneur. Me préservent les dieux de Rome — de consentir à votre déshonneur ! — Mais, sur mon honneur, j’ose répondre — de la complète innocence du bon seigneur Titus, — dont la furie non dissimulée atteste la douleur. — Veuillez donc, à ma requête, le considérer avec faveur ; — ne perdez pas un si noble ami sur