Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/108

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pereur ma parole solennelle — que vous serez à l’avenir plus doux et plus traitable. — Soyez sans crainte, seigneurs, et vous aussi, Lavinia ; — suivant mon avis, vous allez tous tomber à genoux, — et demander pardon à sa majesté.


LUCIUS.

— Oui ; et nous jurons à son altesse, à la face du ciel, — que nous avons agi avec toute la modération possible, — en défendant l’honneur de notre sœur et le nôtre.


MARCUS.

— C’est ce que j’atteste ici sur mon honneur.


SATURNINUS.

— Retirez-vous, et ne parlez plus ; ne nous importunez plus davantage.


TAMORA.

— Allons, allons, cher empereur, il faut que nous soyons tous amis ; — le tribun et ses neveux demandent grâce à genoux ; — je ne veux pas être refusée. Mon bien-aimé, retournez-vous.


SATURNINUS.

— Marcus, à ta considération et à celle de ton frère que voici, — et à la prière de ma charmante Tamora, — j’absous les méfaits odieux de ces jeunes gens. — Relevez-vous tous. Lavinia, vous avez eu beau me laisser là comme un rustre ; — j’ai trouvé une amie, et j’ai juré par l’infaillible mort — de ne pas quitter le prêtre sans être marié. — Allons, si la cour de l’empereur peut fêter deux mariées, — je serai votre hôte, Lavinia, et celui de vos amis. — Ce jour sera une journée d’amour, Tamora.


TITUS.

— Demain, s’il plaît à votre majesté — que nous chassions la panthère et le cerf — avec cor et meute, nous irons souhaiter le bonjour à votre grâce.


SATURNINUS.

— Très-volontiers, Titus, et grand merci.

Ils sortent.