Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/125

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moi à sortir de ce réceptacle terrible et dévorant, — aussi hideux que la bouche brumeuse du Cocyte.


QUINTUS.

— Tends-moi la main, que je puisse t’aider à sortir ; — si je n’ai pas la force de te rendre ce service, — je risque fort d’être entraîné dans la gueule béante — de ce gouffre profond, tombeau du pauvre Bassianus… — Je n’ai pas la force de t’attirer jusqu’au bord.


MARTIUS.

— Ni moi, la force de remonter sans ton aide.


QUINTUS.

— Ta main encore une fois ! Je ne la lâcherai pas, — que tu ne sois en haut, ou moi en bas… — Tu ne peux pas venir à moi ; c’est moi qui viens à toi.

Il glisse dans le souterrain.
Entrent Saturninus et Aaron.

SATURNINUS.

— Venez avec moi… Je vais voir quel est ce gouffre, — et qui vient de s’y précipiter… — Parle, qui es-tu, toi qui viens de descendre — dans cette crevasse béante de la terre ?


MARTIUS.

— Le malheureux fils du vieil Andronicus, — amené ici à la male heure — pour y trouver ton frère Bassianus mort.


SATURNINUS.

— Mon frère mort ! À coup sûr, tu plaisantes. — Lui et sa femme sont au pavillon — du côté nord de cet agréable bois ; — il n’y a pas une heure que je l’ai laissé là.


MARTIUS.

— Nous ne savons où vous l’avez laissé vivant, — mais, hélas ! nous l’avons trouvé ici mort.