Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/128

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Entrent Démétrius et Chiron, amenant Lavinia violée, les mains et la langue coupées.

DÉMÉTRIUS.

— Bon ! Maintenant va dire, si ta langue peut parler, — qui t’a coupé la langue et qui t’a violée.


CHIRON.

— Écris ta pensée, explique ton idée ; — et si tes moignons te le permettent, joue de l’écritoire.


DÉMÉTRIUS, à Chiron.

— Vois, comme avec des signes et des gestes elle peut encore griffonner !


CHIRON.

— Rentre, demande de l’eau de senteur, et lave-toi les mains.


DÉMÉTRIUS.

— Elle n’a plus de langue pour demander, ni de mains à laver ! — Et sur ce laissons-la à ses silencieuses promenades.


CHIRON.

— Si c’était là mon cas, j’irais me pendre !


DÉMÉTRIUS.

— Oui, si tu avais des mains pour t’aider à attacher la corde.

Sortent Démétrius et Chiron.
Entre Marcus.

MARCUS.

— Qui est là ? Est-ce ma nièce qui s’enfuit si vite ? — Nièce, un mot… Où est votre mari ? — Si je rêve, que ne puis-je, pour tout ce que je possède, être réveillé ! — Si je suis éveillé, que quelque planète me renverse contre terre — et me fasse dormir d’un éternel sommeil !… — Parle, gen-