Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/153

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AARON.

— Oui, peu ou prou, ou point du tout. — Voici Aaron ; que lui veux-tu, à Aaron ?


LA NOURRICE.

— Ô gentil Aaron, nous sommes tous perdus ! — Avise vite, ou le malheur te frappe à jamais.


AARON.

— Eh ! quel tintamarre fais-tu là ? — Que serres-tu, que chiffonnes-tu dans tes bras ?


LA NOURRICE.

— Oh ! ce que je voudrais cacher au regard des cieux, — la honte de notre impératrice, et la disgrâce de la majestueuse Rome… — Elle est délivrée, seigneurs, elle est délivrée.


AARON.

— Comment !


LA NOURRICE.

Je veux dire qu’elle est accouchée.


AARON.

C’est bon. Que Dieu — lui accorde un salutaire repos ! Que lui a-t-il envoyé ?


LA NOURRICE.

Un démon.


AARON.

— La voilà donc mère du diable : l’heureuse engeance !


LA NOURRICE.

— Malheureuse, horrible, noire et sinistre engeance ! — Voici le bambin aussi affreux qu’un crapaud — au milieu des charmants enfants de nos pays. — L’impératrice te l’envoie, comme ton empreinte, ta vivante effigie, — et t’ordonne de le baptiser avec la pointe de ton poignard.


AARON.

— Fi donc ! fi donc, putain ! Le noir est-il une si ignoble