Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/157

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— Couac ! couac !… Ainsi crie un cochon qu’on arrange pour la broche !


DÉMÉTRIUS.

— Que prétends-tu, Aaron ? Pourquoi as-tu fait cela ?


AARON.

— Oh ! seigneur, c’est un acte politique : — devait-elle vivre pour trahir notre faute ? — Une bavarde commère ayant la langue si longue ! Non, seigneurs, non. — Et maintenant apprenez mon plan tout entier. — Non loin d’ici demeure un certain Muliteus, mon compatriote ; — sa femme n’est accouchée que d’hier ; — son enfant ressemble à cette femme, il est blanc comme vous : — bâclez le marché avec lui, donnez de l’or à la mère, — et expliquez-leur à tous deux les détails de l’affaire, — à quelle haute destinée leur enfant va être appelé, — qu’il va être traité comme l’héritier de l’empereur, — et substitué au mien, — pour calmer l’orage qui gronde à la cour ; — oui, et que l’empereur le caresse comme son propre enfant ! — Vous m’entendez, seigneurs ; vous voyez que je lui ai donné sa médecine…

Il montre la nourrice.

— Et maintenant, il faut que vous vous occupiez de ses funérailles ; — les champs sont tout près, et vous êtes de galants garçons. — Cela fait, veillez, sans plus de délais, — à m’envoyer immédiatement la sage-femme. — La sage-femme et la nourrice dûment supprimées, — libre alors à ces dames de jaser à leur aise.


CHIRON.

— Aaron, je vois que tu ne veux pas confier aux vents — un secret.


DÉMÉTRIUS.

Pour ta sollicitude envers Tamora, — elle et les siens te sont grandement obligés.

Sortent Démétrius et Chiron, emportant la nourrice.