Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/159

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plore justice et appui, — et qu’elle vient du vieil Andronicus, — accablé de douleurs dans l’ingrate Rome. — Ah ! Rome !… oui, oui ! j’ai fait ton malheur, — du jour où j’ai reporté les suffrages du peuple — sur celui qui me tyrannise ainsi. — Allons, partez ; et, je vous prie, soyez tous bien attentifs, — et fouillez un à un tous les bâtiments de guerre : — ce maudit empereur pourrait bien avoir fait embarquer la justice, — et alors, cousins, nous aurions beau la réclamer, ce serait comme si nous chantions.


MARCUS.

— Ô Publius, n’est-ce pas une chose accablante — de voir ton noble oncle dans un pareil délire ?


PUBLIUS.

— Aussi, monseigneur, c’est pour nous un devoir impérieux — de veiller scrupuleusement sur lui nuit et jour ; — caressons son humeur aussi doucement que nous pourrons, — jusqu’à ce que le temps ait apporté à son mal quelque remède salutaire.


MARCUS.

— Cousins, ses peines sont irrémédiables. — Joignons-nous aux Goths ; et par une guerre vengeresse — punissons Rome de son ingratitude — et châtions le traître Saturninus.


TITUS.

— Publius, eh bien ? eh bien, mes maîtres ? — voyons, l’avez-vous trouvée ?


PUBLIUS.

— Non, monseigneur ; mais Pluton vous envoie dire — que, si c’est la vengeance que vous voulez obtenir de l’enfer, vous l’aurez ; — quant à la justice, ma foi, elle est occupée, — croit-il, avec Jupiter dans le ciel, ou ailleurs ; — en sorte que vous devez forcément attendre quelque temps.


TITUS.

— Il me fait du mal en me leurrant de tant de délais ;