Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/164

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n’est-ce pas, messeigneurs ? — Comme s’il disait qu’il n’y a pas de justice à Rome. — Mais, si je vis, sa feinte démence — ne servira pas de refuge à tous ces outrages. — Lui et les siens sauront que la justice respire — dans Saturninus ; si elle sommeille, — il saura si bien la réveiller que dans sa furie elle — anéantira le plus arrogant conspirateur qui soit au monde.


TAMORA.

— Mon gracieux seigneur, mon aimable Saturninus, — seigneur de ma vie, maître de mes pensées, — calme-toi, et tolère les fautes de la vieillesse de Titus, — comme les effets du chagrin causé par la perte de ses vaillants fils, — perte déchirante qui lui a percé le cœur. — Ah ! console sa détresse — plutôt que de poursuivre, pour ces affronts, — le plus humble ou le plus grand des hommes.

À part.

Oui, c’est ainsi qu’il sied — au génie profond de Tamora de tout pallier ; — mais va, Titus, je t’ai touché au vif ; — le plus pur de ton sang va couler ; si maintenant Aaron est habile, — alors tout est sauvé, l’ancre est dans le port.

Entre le paysan.

— Eh bien, l’ami ? tu veux nous parler ?


LE PAYSAN.

Oui, morguienne, si votre seigneurie est impériale.


TAMORA.

— Je suis l’impératrice… Mais voilà l’empereur assis là-bas. —


LE PAYSAN.

C’est lui… Que Dieu et saint Etienne vous donnent bonne chance ! Je vous ai apporté une lettre, et un couple de pigeons que voici.

L’empereur lit la lettre.