Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/165

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SATURNINUS, montrant le paysan.

— Allons, qu’on l’emmène et qu’on le pende sur-le-champ !


LE PAYSAN.

Combien dois-je avoir d’argent ?


TAMORA.

— Allons, drôle, tu dois être pendu.


LE PAYSAN.

— Pendu ! Par Notre-Dame, j’ai donc apporté mon cou pour un bel office !

Il sort, emmené par les gardes.

SATURNINUS.

— Odieux et intolérables outrages ! — Dois-je endurer cette monstrueuse avanie ? — Je sais d’où part cette malice. — Cela peut-il se supporter ?… Comme si ses traîtres fils, — qui sont morts de par la loi pour le meurtre de notre frère, — avaient été injustement égorgés par mon ordre ! — Allons, qu’on traîne ici le misérable par les cheveux ; — ni l’âge, ni la dignité n’interposeront leur privilège… — Pour cette arrogante moquerie, je veux être ton égorgeur, — perfide et frénétique misérable, qui n’as contribué à mon élévation — que dans l’espoir de gouverner Rome et moi !

Entre Æmilius.

— Quelles nouvelles, Æmilius ?


ÆMILIUS.

— Aux armes, aux armes, messeigneurs ! Rome n’a jamais eu plus grand motif d’alarmes ! — Les Goths ont relevé la tête, et, avec une armée — d’hommes résolus, avides de pillage, — ils marchent droit à nous, sous la conduite — de Lucius, fils du vieil Andronicus, — qui menace, dans le cours de sa vengeance, de faire — autant que Coriolan.