Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/169

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fant : — Il faut, ajoutait-il, que je te porte à un fidèle Gothqui, quand il saura que tu es l’enfant de l’impératrice, te soignera tendrement par égard pour ta mère. — Sur ce, ayant tiré mon épée, je m’élance sur l’homme, — je le surprends à l’improviste, et je l’amène ici, — pour que vous le traitiez comme vous le jugerez nécessaire.


LUCIUS.

— Ô digne Goth ! c’est là le démon incarné — qui a volé à Andronicus sa noble main ; — c’est là la perle qui charmait le regard de votre impératrice ; — et voici le fruit infâme de sa brûlante luxure. — Parle, drôle à l’œil vairon, où voulais-tu porter — cette vivante image de ta face démoniaque ? — Pourquoi ne parles-tu pas ? Quoi ! es-tu sourd ?… Pas un mot ! — Une hart, soldats ; pendez-le à cet arbre, — et à côté de lui son fruit bâtard.


AARON.

— Ne touchez pas à cet enfant ; il est de sang royal.


LUCIUS.

— Trop semblable à son auteur pour jamais être bon ! — Pendez d’abord l’enfant, pour que le père le voie se débattre ; — cette vue le torturera dans l’âme. — Procurez-moi une échelle.

On apporte une échelle qu’on appuie contre un arbre, et l’on force Aaron à y monter.

AARON.

Lucius, sauve l’enfant, — et porte-le de ma part à l’impératrice ; — si tu fais cela, je t’apprendrai des choses prodigieuses — dont la révélation peut t’être d’un puissant avantage ; — si tu ne veux pas, advienne que pourra, — je ne dirai plus un mot ; mais que la vengeance vous confonde tous !


LUCIUS.

— Parle ; et si ce que tu dis me satisfait, — ton enfant vivra, et je me charge de le faire élever.