Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/174

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SCÈNE XII

[Le vestibule de la maison de Titus.]
Entrent Tamora, Chiron et Démétrius, déguisés.

TAMORA.

— Ainsi, dans cet étrange et sinistre accoutrement, — je vais me présenter à Andronicus, — et lui dire que je suis la Vengeance, envoyée d’en bas, — pour me joindre à lui et donner satisfaction à ses cruels griefs. — Frappez à son cabinet où l’on dit qu’il se renferme — pour ruminer des plans étranges de terribles représailles ; — dites-lui que la Vengeance est venue pour se joindre à lui, — et consommer la ruine de ses ennemis.

Ils frappent, et Titus ouvre la porte de son cabinet.

TITUS.

— Qui trouble ma méditation ? — Vous faites-vous un jeu de forcer ma porte, — pour que mes tristes résolutions s’envolent — et que tous mes labeurs soient de nul effet ? — Vous vous trompez ; car ce que j’entends faire, — voyez, je l’ai enregistré ici en lignes de sang, — et ce qui est écrit sera exécuté.


TAMORA.

— Titus, je suis venue pour conférer avec toi.


TITUS.

— Non ! pas un mot ! quel prestige peut avoir ma parole, — quand ma main n’est plus là pour l’appuyer du geste ? — Tu as l’avantage sur moi ; donc n’insiste plus.


TAMORA.

— Si tu me connaissais, tu voudrais conférer avec moi.


TITUS.

— Je ne suis pas fou ; je te connais suffisamment ; —