Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/180

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Meurtre, l’autre s’appelle le Viol ! — En conséquence garrotte-les, cher Publius ; — Caïus, Valentin, mettez la main sur eux. — Vous m’avez souvent entendu souhaiter cet instant, — je le trouve enfin ! Donc garrottez-les solidement, — et bâillonnez-leur la bouche, s’ils veulent crier (9).

Publius et ses compagnons se saisissent de Chiron et de Démétrius. Titus sort.

CHIRON.

— Misérables ! arrêtez ; nous sommes les fils de l’impératrice.


PUBLIUS.

— Et c’est pourquoi nous faisons ce qu’il nous commande. — Bâillonnez-leur hermétiquement la bouche, qu’ils ne disent pas une parole… — Est-il bien attaché ?… Ayez soin de les bien attacher.

Rentre Titus Andronicus, accompagné de Lavinia ; elle porte un bassin, et lui un couteau.

TITUS.

— Viens, viens, Lavinia ; vois, tes ennemis sont garrottés. — Mes maîtres, fermez-leur la bouche, qu’ils ne me parlent pas, — mais qu’ils entendent les terribles paroles que je prononce… — Ô scélérats, Chiron et Démétrius ! — Voilà la source que vous avez souillée de votre fange ; — voilà le bel été que vous avez mêlé à votre hiver. — Vous avez tué son mari ; et, pour ce crime infâme, — deux de ses frères ont été condamnés à mort ; — ma main coupée n’a été pour vous qu’un jeu plaisant ; — ses deux mains, sa langue, et cette chose plus précieuse — que mains et que langue, son innocence immaculée, — traîtres inhumains, vous les avez violemment ravies. — Que diriez-vous, si je vous laissais parler ? — Scélérats, vous auriez honte d’implorer votre grâce ! — Écoutez, misérables, comment j’entends vous torturer. — Il me reste encore cette main uni-