Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/187

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ces outrages inexprimables et intolérables — qui dépassent tout ce qu’un vivant peut supporter. — Maintenant que vous avez entendu la vérité, que dites-vous, Romains ? — Avons-nous eu aucun tort ? Montrez-nous en quoi, — et, de cette hauteur même où vous nous voyez en ce moment, — nous, les pauvres restes de la famille d’Andronicus, — nous allons nous précipiter, tête baissée, la main dans la main, — pour broyer nos cervelles sur le pavé rugueux — et consommer tout d’un coup la ruine de notre maison. — Parlez, Romains, parlez, dites un mot, et Lucius et moi, — la main dans la main, comme vous voyez, nous nous précipitons.


ÆMILIUS.

— Viens, viens, vénérable Romain, — et amène doucement notre empereur par la main, — notre empereur Lucius ; car je suis bien sûr — que toutes les voix vont le nommer par acclamation.


MARCUS.

Salut, Lucius ! royal empereur de Rome !

Aux serviteurs.

— Allez, allez dans la maison désolée du vieux Titus, — et traînez ici ce More mécréant, — pour qu’il soit condamné à quelque mort affreuse et sanglante, en punition de son exécrable vie.


LES ROMAINS.

— Salut à Lucius, le gracieux gouverneur de Rome !


LUCIUS.

— Merci, nobles Romains ! puissé-je gouverner — de manière à guérir les maux de Rome et à effacer ses malheurs ! — Mais, cher peuple, donnez-moi un peu de répit, — car la nature m’impose une pénible tâche… — Rangez-vous tous… Vous, mon oncle, approchez — pour verser des larmes obséquieuses sur ce cadavre ! — Oh !