Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/194

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OLIVIER.

Et à moi le coude.


SAMUEL, de l’intérieur.

Par où êtes-vous donc ?

Entre Samuel chargé d’objets apportés de Londres.
À un garçon.

Aie soin, mon garçon, de promener mon cheval avec ménagement. Je l’ai monté à poil, et je te garantis que la chaleur lui colle la peau sur le dos. S’il attrapait froid et s’il gagnait un rhume, je serais bien avancé, n’est-ce pas ?... Ah ! c’est vous ! Ralph ! Olivier !


RALPH.

Salut, honnête camarade Sam ! quelles drôleries nous portes-tu de Londres ?


SAMUEL.

Vous le voyez, je suis attifé à la dernière mode : trois couvre-chefs avec deux miroirs en pendeloques, deux chaînes faisant rabat sur la poitrine, un étui à chapeau au côté, une brosse sur le dos, un almanach dans ma poche et trois ballades dans ma braguette. Certes, je suis la véritable effigie d’un domestique pour tout faire.


OLIVIER.

Oui, je le jure ! Tu pourras t’établir quand tu voudras. Il en est plus d’un que je pourrais citer, qui ont commencé avec moins, et qui sont devenus riches avant de mourir. Mais, quelles nouvelles de Londres, Sam ?


RALPH.

Oui, bien dit, quelles nouvelles de Londres, coquin ? Ma jeune maîtresse pleurniche tant après son bien-aimé.


SAMUEL.

Eh ! elle n’en est que plus folle, oui, que plus niaise.