Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/195

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OLIVIER.

Pourquoi, Sam ? pourquoi ?


SAMUEL.

Pourquoi ? Parce que monsieur en a épousé une autre il y a longtemps.


RALPH.

Tu plaisantes, sans doute ?


SAMUEL.

Quoi ! l’ignoriez-vous jusqu’ici ? Oui, il est marié, bat sa femme et a d’elle deux ou trois enfants. Car vous devez remarquer qu’une femme porte d’autant plus qu’elle est battue.


RALPH.

Oui, c’est vrai, car elle porte les coups.


OLIVIER.

Ami Sam, je ne voudrais pas, pour deux années de gages, que ma jeune maîtresse sût tout cela. Sa raison filerait du côté gauche, et c’est une femme qui ne s’appartiendrait plus.


SAMUEL.

Eh bien, moi, je pense qu’elle a été bénie dès le berceau, si l’autre n’est jamais entré dans son lit. Il a tout dévoré ; il a engagé toutes ses terres et forcé son frère de l’Université à se mettre pour lui sous les scellés ; voilà une jolie phrase pour un notaire… Peuh ! il doit plus que sa peau ne vaut.


RALPH.

Est-il possible ?


SAMUEL.

Certainement. Que vous dirai-je de plus ? Il appelle sa femme putain, aussi familièrement qu’il l’appellerait Moll ou Doll (12), et ses enfants bâtards, le plus naturellement du monde… Mais qu’ai-je donc ici ? Il me semblait bien que quelque chose me tirait mes culottes : j’avais oublié com-