Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/200

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de mes goûts. Ô minuit ! je t’aime toujours, — et je mènerai encore vie joyeuse avec toi ! Moi, me gêner ! — Vais-je donc faire dire à tout le monde — que j’ai rompu avec mes habitudes ! que je suis à court d’argent ! — Non, tous tes bijoux, je les jouerai aussi librement — que si ma fortune était entière.


LA FEMME.

Soit !


LE MARI.

— Ah ! je m’y engage, et prends ceci pour arrhes.

Il la frappe.

— J’entends pour toujours te montrer mon mépris — et ne jamais toucher les draps qui te couvrent, — et répudier ton lit, jusqu’à ce que tu consentes — à la vente de ton douaire, pour donner une vie nouvelle — aux jouissances que je recherche le plus.


LA FEMME.

— Monsieur, accordez-moi seulement un doux regard, — et ce que la loi m’autorisera à faire, — vous n’aurez qu’à le commander.


LE MARI.

— Dépêchez-vous de le faire.

Mettant les mains dans ses poches.

Faute d’une misérable limaille, — serai-je réduit, comme un gueux, à ne mettre dans mes poches — que mes mains nues, pour les remplir de mes ongles ? — Oh ! mon sang se révolte ! Faites vite. — Je n’ai jamais été fait pour être un contemplateur, un maquereau des cartes ; je veux moi-même étreindre ces gourgandines, — et les forcer à me céder. Dépêchez-vous, vous dis-je.


LA FEMME.

Je prends congé de vous. J’obéis.

Elle sort.

LE MARI.

Vite ! Vite ! — Je maudis l’heure où j’ai fait choix d’une