Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/202

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LE MARI.

Ainsi, monsieur, elle est partie ; faites de même.

Le domestique sort.

— Mais qu’elle veille à ce que la chose qu’elle sait soit faite. — Sinon, l’enfer sera plus agréable que la maison — à son retour.

Entre un gentleman.

LE GENTLEMAN.

— Mauvaise ou bonne rencontre, peu m’importe.


LE MAR1.

Peu m’importe aussi.


LE GENTLEMAN.

— Je suis venu en confiance vous gronder.


LE MARI.

Qui ? moi ? — Me gronder ! alors, faites-le congrûment. Ne n’excitez pas. — Car, si tu me grondes jusqu’à me fâcher, je frappe.


LE GENTLEMAN.

— Frappe tes propres folies : car ce sont elles qui méritent — d’être châtiées. Nous sommes maintenant entre nous ; — il n’y a que toi et moi. Eh bien, tu es un fou et un méchant, — un débauché impur ! Tes domaines et ton crédit — agonisent maintenant malades de consomption. — J’en suis fâché pour toi. C’est un dépensier infâme — que celui qui avec sa fortune ruine son nom : — et c’est ce que tu fais.


LE MARI.

Silence !


LE GENTLEMÀN.

Non, tu m’écouteras jusqu’au bout. — L’insigne honneur de ton père et de tes pères, — qui était le monument de notre pays, notre orgueil, — commence à se dégrader en toi sous les folies. — Le beau printemps de ta jeunesse pro-