Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/203

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mettait — à tes amis un été si fécond — que c’est à peine si les gens peuvent croire — qu’une telle détresse pèse sur toi. Nous qui le voyons, — nous sommes navrés de le croire. Ton changement — va faire retentir en tous lieux ce cri, — que toi et le démon vous avez trompé le monde.


LE MARI.

— Je n’endurerai pas tes paroles.


LE GENTLEMAN.

Mais le pire de tout, le voici : — ta vertueuse femme, si honorablement alliée, — tu l’as proclamée prostituée.


LE MARI.

Ah ! je te connais maintenant. — Tu es son champion, toi ! son ami intime, — le personnage qu’on sait !


LE GENTLEMAN.

Oh ! l’ignoble pensée ! — La patience m’échappe. Resterai-je les bras croisés — à voir toucher à mort ma réputation ?


LE MARI.

— Cela vous a écorché, pas vrai ?


LE GENTLEMAN.

Non, monstre, je te prouverai — que mes pensées n’ont eu jamais pour but qu’un amour vertueux.


LE MARI.

— Amour de sa vertu ! C’est à elle aussi qu’il s’en prend.


LE GENTLEMAN.

Vil esprit, — qui poursuis de ta haine l’honneur fécond — de ton propre lit !

Ils se battent, et le mari est blessé.

LE MARI.

Oh !


LE GENTLEMAN.

Céderas-tu enfin ?


LE MARI.

— Monsieur, monsieur, je n’en ai pas fini avec vous.