Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/226

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LA FEMME.

Oh ! reste ! tu ne t’en iras pas.


LE MARI.

— La résistance est vaine. Tu vois bien qu’il le faut. — Adieu, cendres sanglantes de mes enfants ! — Mon châtiment sera l’éternelle joie de leurs âmes !… ~ Que tous les pères réfléchissent bien à mes actions, — et leur postérité sera heureuse, tandis que la mienne saigne.

Le prisonnier sort avec les officiers.

LA FEMME.

— Cette détresse me rend encore plus misérable — que mes premiers malheurs.


LE MAÎTRE DE COLLÈGE.

Ô généreuse femme, — du courage ! Une joie a échappé pour vous au meurtre. — Vous avez un enfant en nourrice ; votre bonheur est en lui !


LA FEMME.

— La vie de mon pauvre mari était pour moi plus précieuse que tout. — Que le ciel donne la force à mon corps encore exténué — par tout le sang que j’ai perdu, et j’irai à genoux — supplier pour sa vie ; je réunirai tous mes amis pour demander sa grâce.


LE MAÎTRE DE COLLÈGE.

— Un homme a-t-il pu blesser une si bonne créature ? — Va, je louerai toujours les femmes en ton honneur. — Il faut que je m’en retourne navré. Ma réponse est toute faite. — Les nouvelles que j’emporte sont plus accablantes que toutes les dettes. — Des deux frères, l’un reste sous le coup d’une arrestation, — l’autre, sous le coup d’une exécution plus funèbre.

Tous sortent.
FIN D’UNE TRAGÉDIE DANS L’YORKSHIRE.