Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/278

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ACTE III

SCÈNE I

[Un hallier.]
Fanfares de cornets sur plusieurs points. Rumeurs et cris comme ceux de la foule à la fête de Mai.
Entre Arcite.

ARCITE.

— Le duc a perdu Hippolyte ; chacun a pris — un chemin différent. C’est aujourd’hui la célébration solennelle — qu’on doit à Mai fleuri, et les Athéniens s’en acquittent — par la plus cordiale cérémonie… Oh ! ma reine Émilie, — plus fraîche que Mai, plus suave — que tous les boutons d’or des branches, que toutes — les verroteries émaillées de la prairie et du jardin !… Oui, — tu peux défier la rive même de la nymphe — qui fait que le ruisseau semble tout en fleurs ; ô toi, joyau — des bois, joyau de l’univers, partout tu fais un lieu béni — par la seule présence… Puissé-je, — pauvre homme que je suis, intervenir bientôt dans sa rêverie, — et couper court à de froides pensées !… Chance trois fois heureuse — de tomber sur une telle maîtresse ! Espérance, — tu en es bien innocente ! Dis-moi, ô dame Fortune, — toi, ma souveraine après Émilie, jusqu’à quel point — je puis être fier… Elle a pour moi de grands égards, — elle m’a placé près d’elle ; et, dans cette belle matinée, — la plus printanière de toute l’année, elle m’a fait présent — d’une paire de chevaux ; deux coursiers pareils seraient dignes — d’être montés par deux rois sur un champ de bataille — où se décideraient