Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/280

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ne peut m’être bonne. Je chéris — l’honneur et l’honnêteté, et je m’appuie sur eux, quoique — vous les supprimiez en moi, et d’accord avec eux, beau cousin, — je maintiendrai ma conduite. Veuillez, je vous prie, — exprimer vos griefs en termes généreux, puisque — vous avez affaire à un égal qui prétend — se frayer son chemin avec la résolution et l’épée — d’un vrai gentilhomme.


PALÉMON.

Tu aurais cette audace, Arcite !


ARCITE.

— Mon petit cousin, mon petit cousin, vous avez appris à connaître — combien je sais oser ; vous m’avez vu user de mon épée — contre l’avis de la frayeur. Assurément — vous n’entendriez pas un autre mettre mon courage en doute sans que votre silence — éclatât, fût-ce dans le sanctuaire.


PALÉMON.

Monsieur, ~ je vous ai vu agir en plus d’un endroit de manière — à prouver pleinement votre courage ; on vous appelait — un bon chevalier et un brave. Mais toute la semaine n’est pas belle, — s’il pleut un jour. Les hommes perdent — leur vaillant caractère, quand ils inclinent à la trahison ; — et alors ils combattent comme des ours forcés à la lutte qui fuiraient bien — s’ils n’étaient pas attachés.


ARCITE.

Parent, vous pourriez aussi bien — dire cela et le débiter à votre miroir — qu’à l’oreille d’un homme qui désormais vous dédaigne.


PALÉMON.

Viens donc à moi ! — Délivre-moi de ces froides entraves, donne-moi une épée, — fût-elle rouillée, et fais-moi — la charité de quelque aliment ; présente-toi alors devant moi, — une bonne épée à la main, et dis seulement —