Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/293

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TROISIÈME CAMPAGNARD.

— Voilà une exquise folle, maître, — qui arrive à point nommé, folle comme un lièvre en mars ! — Si nous pouvons la faire danser, nous sommes sauvés. — Je garantis qu’elle fera les plus rares entrechats !


PREMIER CAMPAGNARD.

— Une folle ! Nous sommes sauvés, enfants !


GERROLD.

Est-ce que vous êtes folle, bonne femme ?


LA FILLE DU GEÔLIER.

Je serais fâchée de ne pas l’être ; — donnez-moi votre main.


GERROLD.

Pourquoi ?


LA FILLE DU GEÔLIER.

Je puis vous dire la bonne aventure : — vous êtes un niais. Comptez dix… Je l’ai décontenancé. Bah !… — L’ami, ne mangez pas de pain blanc ; si vous le faites, — vos dents saigneront extrêmement… Danserons-nous ? Holà… — Je vous reconnais, vous êtes un chaudronnier. Coquin de chaudronnier, — ne bouchez plus de trous, excepté celui que vous devriez boucher.


GERROLD.

Dii boni ! — Un chaudronnier, donzelle ?


LA FILLE DU GEÔLIER.

Ou un sorcier. — Évoquez-moi un diable à présent, et qui joue — à quipassa avec des grelots et des osselets !


GERROLD.

Allez, emmenez-la, — et induisez-la bonnement à se taire.

Atque opus exegi, quod nec Jovis ira, nec ignis.

— En avant la musique, et faites-la entrer en danse !


DEUXIÈME CAMPAGNARD, à la fille du geôlier.

Allons, fillette, santons !