Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/297

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Allons, notre fortune à tous est faite ! — Dii deœque omnes. Vous avez dansé supérieurement, fillettes.

Ils sortent.

SCÈNE VI

[Le hallier.]
Paraît Palémon, sortant d’un buisson.

PALÉMON.

Voici à peu près l’heure où mon cousin s’est engagé — à revenir me visiter, en apportant avec lui — deux épées et deux bonnes armures : s’il y manque, — ce n’est ni un homme, ni un soldat. Quand il m’a quitté, — je ne croyais pas qu’une semaine eût suffi à me restaurer — mes forces perdues, tant j’avais été épuisé — et abattu par le besoin. Je te rends grâces, Arcite, — tu es encore un loyal ennemi ; — et ainsi rafraîchi, je me sens capable — de surmonter tout danger. Un plus long délai — ferait croire au monde, quand il viendra à connaître les choses, — que je suis un pourceau à l’engrais, — et non un soldat. Donc, cette matinée bénie — sera la dernière ; et avec l’épée qu’il aura refusée, — je le tuerai, pour peu qu’elle tienne dans ma main. C’est justice. — Que l’amour et la fortune m’assistent… Ah ! bonjour !

Entre Arcite, avec des armures et des épées.

ARCITE.

— Bonjour, noble parent !


PALÉMON.

Je vous ai donné — un excès de peine, monsieur.


ARCITE.

Cet excès, beau cousin, — est une dette d’honneur, et pour moi un devoir.