Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/299

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homme digne de te tuer : ton cousin !… — Je suis dispos et robuste ; choisissez vos armes !


ARCITE.

Choisissez vous-même, monsieur !


PALÉMON.

— Veux-tu donc être supérieur en tout, ou agis-tu ainsi — pour me forcer à épargner ?


ARCITE.

Si vous croyez cela, cousin, — vous vous abusez ; car, foi de soldat, — je ne vous épargnerai pas.


PALÉMON.

Voilà qui est bien dit.


ARCITE.

Vous le verrez bien.


PALÉMON.

— Eh bien, foi d’honnête homme, et comme il est vrai que j’aime — avec toute la légitimité de l’affection, — je te réglerai largement ton compte !… Je prends celle-ci.

Il choisit une armure.

ARCITE.

À moi donc celle-là. — Je vais d’abord vous armer.

Il revêt Palémon de l’armure.

PALÉMON.

Dis-moi donc, je te prie, cousin, — où as-tu eu cette bonne armure ?


ARCITE.

C’est celle du duc ; — et, à dire vrai, je l’ai volée… Est-ce qu’elle vous gêne ?


PALÉMON.

Non.


ARCITE.

N’est-elle pas trop lourde ?


PALÉMON.

J’en ai porté de plus légères ; — mais je ferai servir celle-ci.