Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/301

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ARCITE.

Faites, et pas de ménagements ! — Je vous donnerai de la besogne, cher cousin.


PALÉMON.

Maintenant à vous, monsieur ! — Il me semble, Arcite, que cette armure ressemble fort à celle — que tu portais le jour où les trois rois succombèrent, mais elle est plus légère.


ARCITE.

— Celle-là était bien bonne ! Et ce jour-là, — je m’en souviens parfaitement, vous m’avez surpassé, cousin. — Je n’ai jamais vu pareille valeur. Quand vous avez chargé — l’aile gauche de l’ennemi, — j’ai piqué des deux pour m’élancer, et sous moi — j’avais un excellent cheval.


PALÉMON.

En effet, — bai clair, je me souviens.


ARCITE.

Oui. Mais tous — mes efforts ont été vains ; vous m’aviez dépassé, — et mon émulation n’a pu vous rattraper. Pourtant j’ai fait — quelque chose… par imitation.


PALÉMON.

Ou plutôt par bravoure. — Vous êtes modeste, cousin.


ARCITE.

Quand je vous ai vu charger tout d’abord, — il m’a semblé entendre jaillir de la troupe — un effroyable coup de foudre.


PALÉMON.

Mais toujours en avant resplendissait — l’éclair de votre vaillance… Attendez un peu ! — Est-ce que cette pièce n’est pas trop serrée ?


ARCITE.

Non, non ; elle est bien.


PALÉMON.

— Je ne veux pas que tu sois blessé autrement que