Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/307

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PIRITHOÜS, s’agenouillant.

Eh bien, je m’y joins aussi… — Par toute notre amitié, seigneur, par tous nos dangers, — par tout ce qu’au monde vous aimez le mieux, la guerre et cette charmante dame !

Il montre Hippolyte.

ÉMILIE.

— Par cette virginale rongeur à laquelle vous trembleriez — de rien refuser !


HIPPOLYTE.

Par vos propres yeux, par cette force — avec laquelle vous juriez que je dépassais toutes les femmes, — et presque tous les hommes, par cette force qui n’a cédé qu’à Thésée !


PIRITHOÜS.

— Enfin, pour couronner tout cela, par votre grande âme — qui ne saurait manquer d’une légitime pitié ! Je vous adjure tout le premier.


HIPPOLYTE.

— Écoutez ensuite ma prière !


ÉMILIE.

Enfin, laissez-moi vous supplier, seigneur !


PIRITHOÜS.

Pitié !


HIPPOLYTE.

Pitié !


ÉMILIE.

Pitié pour ces princes !


THÉSÉE.

— Vous faites chanceler en moi la foi jurée. Supposez que je ressentisse — de la compassion pour eux deux, que lui demanderiez-vous ?


ÉMILIE.

— Qu’ils vivent, mais qu’ils soient bannis.


THÉSÉE.

— Vous êtes une vraie femme, sœur ; vous avez de la pitié,