Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/347

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— de tant de millions de mortels, n’aurait en ce moment — qu’à jeter son noir manteau sur ces deux hommes — et à les empêcher de se retrouver, et peut-être réparerait-elle — un peu sa réputation, et ferait-elle oublier — bien des meurtres dont elle est coupable.


HIPPOLYTE.

— Il faut que vous veniez.


ÉMILIE.

En vérité, je n’irai pas.


THÉSÉE.

— Mais il faut que les chevaliers allument — leur vaillance à votre regard. Sachez que de cette guerre — vous êtes le trésor, et qu’il faut que vous soyez là — pour payer le service.


ÉMILIE.

Seigneur, excusez-moi. — La couronne d’un royaume peut se disputer — loin de lui.


THÉSÉE.

Bien, bien, à votre guise ! — Les personnes qui resteront près de vous pourraient souhaiter leur office — à quelqu’un de leurs ennemis.


HIPPOLYTE.

Adieu, sœur ! — Il est probable que je connaîtrai votre mari avant vous-même, — dans l’éclair d’un instant. Celui des deux que les dieux — reconnaissent pour le plus digne, je les prie — de vous l’accorder.

Sortent Thésée, Hippolyte, Pirithoüs, etc.

ÈMILIE.

— Arcite a le visage doux ; mais son regard — est comme un engin de guerre braqué, ou comme une lame aiguë — dans un fourreau soyeux ; la clémence et le courage viril — se marient sur son visage. Palémon — a l’aspect très-menaçant ; son front — se creuse et semble ouvrir une tombe à ce qui l’assombrit. — Pourtant il n’est pas tou-