Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/349

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ÉMILIE.

— Cours et informe-toi.

Le serviteur sort.
Elle tire de son sein le portrait d’Arcite et le regarde.

Tu as donc perdu, mon pauvre serviteur ! — J’ai constamment porté ton portrait à ma droite, — celui de Palémon à gauche. Pourquoi ? Je ne sais pas ; — je n’avais pas de but en les plaçant ainsi ; c’est le hasard qui l’a voulu. — Du côté gauche est le cœur : Palémon — avait la meilleure chance.

Acclamations et cris. Fanfare de cors.

Cette explosion de clameurs — est assurément la fin du combat.

Rentre le serviteur.

LE SERVITEUR.

— On dit que Palémon avait acculé Arcite — à un pouce de la colonne, et le cri — général était : « Vive Palémon ! » Mais aussitôt, — les seconds d’Arcite l’ont bravement dégagé, et les deux hardis jouteurs sont en ce moment — aux prises.


ÉMILIE.

S’ils pouvaient tous deux se métamorphoser — en un seul !… Oh ! pourquoi ? Il n’y aurait pas une femme — digne d’un homme ainsi composé ! Leur mérite respectif, la noblesse spéciale à chacun d’eux donne déjà — le désavantage de l’infériorité et de l’insuffisance — à toute femme existante.

Fanfare. Cris de : Vive Arcite !

Nouvelle ovation ! — Est-ce toujours Palémon ?


LE SERVITEUR.

Non, maintenant on acclame Arcite.