Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/350

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ÉMILIE.

— Je t’en prie, fais attention aux cris. — Tiens les deux oreilles aux écoutes.

Fanfare. Acclamations. Cris de : Arcite ! Victoire !

LE SERVITEUR.

On crie : — Arcite ! Victoire ! Écoutez ! Arcite ! Victoire ! — L’achèvement du combat est proclamé — par les instruments à vent.


ÉMILIE.

Les moins clairvoyants voyaient — qu’Arcite n’était pas un enfant. Dieu du ciel ! l’éclat, — la splendeur même de la vaillance rayonnait à travers lui ! Elle ne pouvait — pas plus se dissimuler en lui que le feu ne peut se cacher dans la flamme, — que l’humble rive ne peut chercher chicane aux flots — que l’ouragan force à se déchaîner. Je croyais bien — qu’il arriverait malheur au bon Palémon, mais je ne savais pas — pourquoi je croyais cela. Notre raisonnement n’est pas prophète, — tandis que notre fantaisie l’est souvent. Les voici qui arrivent… — Hélas ! pauvre Palémon !

Fanfare. Entrent Thésée, Hippolyte, Pirithoüs, Arcite vainqueur, et la suite.

THÉSÉE.

— Là ! voici notre sœur qui attend — frémissante et inquiète. Charmante Émilie, — les cieux, par leur divin arbitrage, — vous ont donné ce chevalier. Jamais plus brave que lui — ne frappa sur un cimier. Donnez-moi vos mains. — Recevez-la, vous ; et vous, recevez-le. Soyez fiancés par un amour — qui croîtra à mesure que vous vieillirez.


ARCITE.

Émilie, — pour vous acquérir, j’ai perdu ce qui m’était le plus cher — après vous, mon trésor ; et pourtant je vous obtiens à vil prix, — si je vous estime à votre valeur.