Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/353

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aussi incertaine — que la mort pour nous est sûre. Ils ne l’emportent pas sur nous — d’un atome d’honneur.


DEUXIÈME CHEVALIER.

Disons-nous adieu ; — et insultons par notre résignation à la fortune vacillante — qui chancelle à sa plus ferme allure.


TROISIÈME CHEVALIER, désignant le billot.

Allons, qui commence ?


PALÉMON.

— Celui-là même qui vous a conduits à ce banquet, doit — y goûter avant vous tous.

Au geôlier.

Ah ! ah ! mon ami, mon ami, — votre charmante fille m’a donné un jour la liberté ; — vous allez me la voir perdre pour toujours… Comment va-t-elle, je vous prie ? — J’ai ouï dire qu’elle n’était pas bien ; la nature de son mal — m’a fait de la peine.


LE GEÔLIER.

Monsieur, elle est parfaitement rétablie, — et elle va se marier bientôt.


PALÉMON.

Par ma courte existence, — j’en suis on ne peut plus aise. Ce sera le dernier bonheur — dont je me serai réjoui ; je t’en prie, dis-lui cela ; — recommande-moi à elle, et, pour arrondir sa dot, — offre-lui ceci.

Il lui donne sa bourse.

PREMIER CHEVALIER.

— Ah ! donnons tous !


DEUXIÈME CHEVALIER.

Est-ce une vierge ?


PALÉMON.

Vraiment, je le crois ; — une bien bonne créature, qui m’a rendu des services — que je ne puis payer ni apprécier à leur valeur.