Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/45

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I

Titus Andronicus a été longtemps considéré comme apocryphe. Pope, dans sa préface, conteste vivement l’authenticité de cette pièce qu’il attribue à quelque dramaturge inconnu. Théobald pense comme Pope, tout en admettant qu’elle a été çà et là retouchée par Shakespeare. Johnson ne veut même pas reconnaître ces retouches ; « la barbarie de ces spectacles » le révolte, et ce n’est que par une imposture que, selon lui, l’auteur d’Hanlet a pu être accusé de les avoir conçus. Farmer approuve Johnson et suppose que Titus Andronicus est d’un certain Kid. Upton déclare qu’il faut purement et simplement expulser cet intrus du théâtre de Shakespeare. Steevens, plus indulgent, consent à l’admettre, mais à condition que Titus Andronicus soit, parmi les drames de Shakespeare, « comme Thersite au milieu des héros, introduit seulement pour être bafoué. » Enhardi par la plaisanterie de Steevens, Malone n’hésite pas à décerner le bonnet d’âne à un de ses confrères, l’éditeur Capell, qui s’est permis d’admirer certaines scènes de Titus Andronicus ; il maintient, avec l’approbation de M. Mason et de Tyrwhitt, que Titus ne peut pas être de Shakespeare ;