Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/74

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héros est abordé par des dames grecques qui se jettent à ses pieds en le suppliant de venger leurs époux occis par le roi Créon. Thésée n’hésite pas ; il s’arrache aux bras d’Hippolyte, marche sur Thèbes, défait et tue Créon, puis ramène captifs deux neveux du tyran, Palémon et Arcite. — Condamnés à la détention perpétuelle, les deux amis sont enfermés ensemble dans une prison dont la fenêtre domine un beau jardin attenant au palais ducal. Un jour Émilie traverse en chantant ce jardin. Arcite, qui était à la croisée, l’aperçoit, pousse un cri d’admiration et appelle Palémon qui, comme lui, tombe en extase devant cette apparition radieuse. L’un et l’autre se font part de leurs impressions, et, sans jalousie, sans colère, s’avouent qu’ils sont épris de la même beauté. Émilie, se sentant admirée, lève les yeux vers la fenêtre, rougit, et répond par un sourire de sympathie à ce double regard d’amour. — Un incident sépare alors les deux prisonniers. Arcite, rendu à la liberté par l’intercession de Pirithoüs, fait ses adieux à Palémon qui l’embrasse en pleurant. Il s’éloigne quelque temps d’Athènes, puis y revient sous un faux nom et entre ainsi au service de Thésée. Seule, Émilie sait qui il est, et lui garde fidèlement le secret. C’est alors qu’il est reconnu par Pamphilo, serviteur de Palémon. Palémon apprend tout par ce valet et devient jaloux d’Arcite. Il réussit à s’évader de prison en changeant d’habits avec le docteur Alimeto, son médecin, court à la recherche de son rival, trouve Arcite endormi dans un bois, le réveille, et le somme de renoncer à Émilie ou de se battre. Arcite tient moins à la vie qu’à Émilie. Les deux amis, devenus dès lors ennemis, mettent l’épée à la main ; mais Émilie a entendu le bruit de l’estocade et appelle Thésée pour séparer les combattants. Le duc accourt, et, furieux, leur commande de cesser. Les deux adversaires s’arrêtent, se nomment et révèlent la cause de leur duel. Thésée leur pardonne, et décide que les deux rivaux videront leur différend