Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/94

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bres, jusqu’à ce qu’ils soient entièrement consumés.

Sortent Lucius, Quintus, Martius et Mutius, emmenant Alarbus.

TAMORA.

— Ô cruelle, irréligieuse piété !


CHIRON.

Jamais la Scythie fut-elle, à moitié près, aussi barbare ?


DÉMÉTRIUS.

— Ne comparez pas la Scythie à l’ambitieuse Rome. — Alarbus va reposer ; et nous, nous survivons — pour trembler sous le regard menaçant de Titus. — Donc, Madame, du courage ; mais espérez en même temps — que les mêmes dieux, qui armèrent la reine de Troie — d’une occasion de châtier — pleinement le tyran de Thrace dans sa tente (2), — pourront aider Tamora, la reine des Goths, — (quand les Goths étaient Goths et que Tamora était reine), — à venger sur ses ennemis ces sanglants outrages.

Lucius, Quintus, Martius et Mutius rentrent avec leurs épées sanglantes.

LUCIUS.

— Voyez, mon seigneur et père, comme nous avons accompli — nos rites romains : les membres d’Alarbus sont dépecés, — et ses entrailles alimentent le feu du sacrifice, — dont la flamme parfume le ciel, comme un encens. — Il ne nous reste plus qu’à enterrer nos frères, — et à les accueillir dans Rome au bruit des fanfares.


TITUS.

— Qu’il en soit ainsi, et qu’Andronicus — adresse à leurs âmes ce dernier adieu.

Les trompettes sonnent, et le cercueil est déposé dans le tombeau.

Dans la paix et l’honneur reposez ici, mes fils ; — champions les plus hardis de Rome, dormez ici — à l’abri des hasards et des malheurs de ce monde ! — Ici pas de