Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1866, tome 1.djvu/99

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Rome. — Tu y seras partout traitée en princesse. — Fiez-vous à ma parole, et ne permettez pas que la tristesse — abatte toutes vos espérances. Madame, celui qui vous encourage — peut vous faire plus grande que la reine des Goths. — Lavinia, vous n’êtes pas mécontente de ceci ?


LAVINIA.

— Nullement, monseigneur ; votre loyale noblesse — m’est garant que ces paroles ne sont qu’une courtoisie princière.


SATURNINUS.

— Merci, chère Lavinia… Romains, partons ; — nous mettons ici nos prisonniers en liberté sans rançon. — Proclamez notre élévation, seigneurs, au son de la trompette et du tambour.

Il s’entretient avec Tamora.

BASSIANUS, s’emparant de Lavinia.

— Seigneur Titus, ne vous déplaise, cette jeune fille est à moi.


TITUS.

— Comment ! Parlez-vous sérieusement, monseigneur ?


BASSIANUS.

— Oui, noble Titus, et je suis résolu — à me faire justice de mes propres mains.


MARCUS.

Suum cuique est un axiome de notre droit romain ; — c’est à bon droit que ce prince ressaisit son bien.


LUCIUS.

— Et il veut le garder, et il le gardera, tant que Lucius vivra.


TITUS.

— Traîtres, arrière !… Où est la garde de l’empereur ?… — Trahison, monseigneur ! Lavinia est enlevée !


SATURNINUS.

— Enlevée ! par qui ?