Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Guizot, Didier, 1863, tome 4.djvu/411

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les paysans et les franklins[1] le disent, moi, je le jurerai.

LE BERGER.—Et si cela est faux, mon fils ?

LE FILS.—Quelque faux que cela puisse être, un gentilhomme peut le jurer en faveur de son ami.—Oui, et je jurerai au prince que tu es un robuste garçon pour ta taille et que tu ne t’enivreras point ; mais je sais que tu n’es pas un robuste garçon pour ta taille et que tu t’enivreras ; je le jurerai tout de même ; et je voudrais que tu fusses un robuste garçon pour ta taille.

AUTOLYCUS.—Je me montrerai tel, monsieur, tant que je pourrai.

LE FILS.—Oui, montre-toi au moins un garçon robuste, si je ne suis pas étonné comment tu oses t’aventurer à t’enivrer, n’étant pas un garçon robuste, ne fais pas état de ma parole.—Écoute : les rois et les princes nos parents sont allés voir le portrait de la reine ; viens, suis-nous, nous serons tes bons maîtres.

(Ils sortent.)


Scène III

Appartement dans la maison de Pauline.

Entrent LÉONTES, POLIXÈNE, FLORIZEL, PERDITA, CAMILLO, PAULINE, COURTISANS et suite.

LÉONTES.—O sage et bonne Pauline ! quelles grandes consolations j’ai reçues de vous !

PAULINE.—Mon souverain, ce qui n’a pas bien réussi, je le faisais dans de bonnes intentions. Quant à mes services, vous me les avez bien payés ; l’honneur que vous m’avez fait de daigner visiter mon humble demeure avec votre frère couronné, et ce couple fiancé d’héritiers de vos royaumes, c’est de votre part un surcroît de bienfaits que ma vie ne pourra jamais assez reconnaître.

LÉONTES.—Ah ! Pauline, c’est un honneur plein d’embarras.

  1. Propriétaire libre.