Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1865, tome 2.djvu/242

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Entre Miranda. Prospero paraît et se tient à distance.



MIRANDA

Hélas ! je vous en prie, — ne travaillez pas si dur. Je voudrais qu’un éclair eût — brûlé ces bûches qu’il vous est enjoint d’empiler. — De grâce, déposez celle-ci, et reposez-vous ; quand elle brûlera, — elle pleurera de vous avoir lassé. Mon père — est tout à ses études ; de grâce, reposez-vous ! — Il est en lieu sûr pour trois heures.


FERDINAND

Ô maîtresse chérie, — le soleil se couchera avant que j’aie terminé — la tâche que j’ai à faire.


MIRANDA

Si vous voulez vous asseoir, — je porterai vos bûches pendant ce temps-là. De grâce, donnez-moi celle-ci. — Je vais la mettre sur la pile.


FERDINAND

Non, précieuse créature. — J’aimerais mieux me rompre les nerfs, me briser les reins, — que de vous voir subir un tel déshonneur, — quand je serais paresseusement assis.


MIRANDA

Cette besogne me conviendrait — aussi bien qu’à vous, et je la ferais — plus aisément : car j’y mettrais autant de bon vouloir — que vous y mettez de répugnance…


PROSPERO, à part

Pauvre couleuvre ! te voilà empoisonnée. — Cette entrevue en est la preuve.


MIRANDA, à Ferdinand

Vous semblez las.


FERDINAND

— Non, noble maîtresse : c’est pour moi une fraîche