Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 5.djvu/222

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en dépit — du ciel et des hommes, révélé ses projets, regrettant — que les maux couvés par elle n’eussent pas éclos, et, ainsi, — désespérée, elle est morte.


CYMBELINE.

Avez-vous entendu tout cela, vous, ses femmes ?


UNE SUIVANTE.

— Oui, sire, n’en déplaise à votre altesse.


CYMBELINE.

Ce ne sont pas mes yeux — que je blâme, car elle était belle, — ni mes oreilles, qui entendaient ses flatteries, ni mon cœur, — qui la crut ce qu’elle semblait être : le vice aurait été — de se méfier d’elle. Pourtant, ô ma fille ! — tu peux bien dire qu’il y avait folie chez moi, — et en attester les souffrances. Puisse le ciel tout réparer !


Arrivent, gardés par une escorte, Lucius, Iachimo, le Devin, et autres prisonniers romains, derrière lesquels viennent Posthumus et Imogène, toujours vêtue d’habits d’homme.


— Tu ne viens plus, Caïus, nous demander le tribut : — les Bretons l’ont aboli, mais pour cela ils ont perdu — bien des braves : les parents des morts ont demandé — que tant de bonnes âmes fussent apaisées par le sacrifice — de vous tous, captifs, et nous le leur avons accordé — Préparez-vous donc.


LUCIUS.

— Songez, seigneur, aux hasards de la guerre : la journée — n’a été à vous que par accident : si elle se fût décidée pour nous, — nous n’aurions pas, de sang-froid, menacé — nos prisonniers du glaive. Mais puisque les dieux — veulent que notre vie seulement — serve de rançon, soit ! Il suffit — à un Romain d’un cœur de Romain pour savoir souffrir : — Auguste vit, il avisera :