Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/133

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Cette convention faite, — nous devons nous séparer sans une entaille à nos épées, — sans une balafre à nos boucliers.


CÉSAR, ANTOINE, LÉPIDE.

Voilà nos offres.


POMPÉE.

Sachez donc — que j’étais venu ici, devant vous, en homme préparé — à accepter ces offres. Mais Marc-Antoine — m’a causé quelque impatience.

À Antoine.

Dussé-je perdre — mon mérite en le rappelant, vous saurez — que, quand César et vos frères étaient aux prises, — votre mère est venue en Sicile et y a trouvé — un accueil amical.


ANTOINE.

Je l’ai appris, Pompée ; — et je suis tout disposé à vous offrir libéralement les remercîments — que je vous dois.


POMPÉE.

Donnez-moi votre main. — Je ne m’attendais pas, seigneur, à vous rencontrer ici.


ANTOINE.

— Les lits sont moelleux en Orient. Merci à vous — de m’avoir fait revenir ici plus tôt que je ne comptais ! — car j’y ai gagné.


CÉSAR, à Pompée.

Depuis la dernière fois que je vous ai vu, — vous avez changé.


POMPÉE.

Vraiment, je ne sais pas — quels comptes l’âpre fortune tient sur mon visage ; — en tout cas, jamais elle n’envahira mon sein, — jusqu’à faire de mon cœur son vassal !