Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/311

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

nestrels ? Si tu fais de nous des ménestrels, prépare toi à n’entendre que désaccords.

Mettant la main sur son épée.

Voici mon archet ; voici qui vous fera danser. Sang-dieu, de concert !


BENVOLIO.

— Nous parlons ici sur la promenade publique ; — ou retirons-nous dans quelque lieu écarté, — ou raisonnons froidement de nos griefs, — ou enfin séparons-nous. Ici tous les yeux se fixent sur nous.


MERCUTIO.

— Les yeux des hommes sont faits pour voir : laissons-les se fixer sur nous : — aucune volonté humaine ne me fera bouger, moi (90) !


Entre Roméo.

TYBALT, à Mercutio.

— Allons, la paix soit avec vous, messire !

Montrant Roméo.

Voici mon homme.


MERCUTIO.

— Je veux être pendu, messire, si celui-là porte votre livrée : — morbleu, allez sur le terrain, il sera de votre suite ; — c’est dans ce sens-là que Votre Seigneurie peut l’appeler son homme.


TYBALT.

— Roméo, l’amour que je te porte ne me fournit pas — de terme meilleur que celui-ci : Tu es un infâme !


ROMÉO.

— Tybalt, les raisons que j’ai de t’aimer — me font excuser la rage qui éclate — par un tel salut (91)… Je ne suis pas un infâme… - Ainsi, adieu : je vois que tu ne me connais pas.

Il va pour sortir.