Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/368

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tacher de son doigt inerte — un anneau précieux, un anneau que je dois employer — à un cher usage. Ainsi, éloigne-toi, va-t’en… — Mais si, cédant au soupçon, tu oses revenir pour épier — ce que je veux faire, — par le ciel, je te déchirerai lambeau par lambeau, — et je joncherai de tes membres ce cimetière affamé. — Ma résolution est farouche comme le moment ; elle est plus terrible et plus inexorable — que le tigre à jeun ou la mer rugissante (132).


BALTHAZAR.

— Je m’en vais, monsieur, et je ne vous troublerai pas.


ROMÉO.

— C’est ainsi que tu me prouveras ton dévouement…

Lui jetant sa bourse.

Prends ceci : — vis et prospère… Adieu, cher enfant.


BALTHAZAR, à part.

— N’importe. Je vais me cacher aux alentours ; — sa mine m’effraye, et je suis inquiet sur ses intentions.

Il se retire.

ROMÉO, prenant le levier et allant au tombeau.

— Horrible gueule, matrice de la mort, — gorgée de ce que la terre a de plus précieux, — je parviendrai bien à ouvrir tes lettres pourries — et à te fourrer de force une nouvelle proie !

Il enfonce la porte du monument.

PÂRIS.

— C’est ce banni, ce Montagne hautain — qui a tué le cousin de ma bien-aimée : — la belle enfant en est morte de chagrin, à ce qu’on suppose. — Il vient ici pour faire quelque infâme outrage — aux cadavres : je vais l’arrêter…

Il s’avance.

— Suspends ta besogne impie, vil Montagne : — la