Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 10.djvu/348

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ne s’y trouve qu’un seul homme ! — Oh ! nous avons ouï dire à nos pères, vous et moi, — qu’il fut jadis un Brutus qui eût laissé — dominer Rome par l’éternel démon — aussi volontiers que par un roi !


BRUTUS.

— Que vous m’aimiez, c’est ce dont je ne doute point. — Où vous voudriez m’amener, je l’entrevois. — Ce que je pense de ceci et de cette époque, — je le révélerai plus tard. Pour le moment, — je voudrais, et je m’adresse à vous en toute affection, — ne pas être pressé davantage. Ce que vous avez dit, — je l’examinerai ; ce que vous avez à dire, — je l’écouterai avec patience ; et je trouverai un moment — opportun pour causer entre nous de ces grandes choses. — Jusqu’alors, mon noble ami, ruminez ceci : — Brutus aimerait mieux être un villageois — que se regarder comme un fils de Rome — aux dures conditions que ces temps — vont probablement nous imposer.


CASSIUS.

— Je suis bien aise que mes faibles paroles — aient du moins fait jaillir de Brutus cette étincelle.

Rentrent César et son cortège.

BRUTUS.

— Les jeux sont terminés, et César revient.


CASSIUS.

— Quand ils passeront, tirez Casca par la manche, — et il vous dira, à sa piquante manière, — ce qui s’est passé de remarquable aujourd’hui.


BRUTUS.

— Oui, je le ferai… Mais voyez donc, Cassius, — le signe de la colère éclate au front de César, — et tous ceux qui le suivent ont l’air de gens grondés. — La joue de Calphurnia est pâle, et Cicéron — a les yeux d’un furet, ces