Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 10.djvu/353

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bien d’autres sottises, mais je ne m’en souviens plus.


CASSIUS.

Voulez-vous souper avec moi ce soir, Casca ?


CASCA.

Non, je suis engagé.


CASSIUS.

Voulez-vous dîner avec moi demain ?


CASCA.

Oui, si je suis vivant, si ce caprice vous dure et si votre dîner vaut la peine d’être mangé.


CASSIUS.

Bon, je vous attendrai.


CASCA.

Soit. Adieu à tous deux.

Il sort.

BRUTUS.

— Que ce garçon s’est épaissi ! — Il était d’une complexion si vive quand il allait à l’école !


CASSIUS.

Tel il est encore, — si apathique qu’il paraisse, — dans l’exécution de toute entreprise noble ou hardie. — Cette rudesse est l’assaisonnement de son bel esprit ; — elle met les gens en goût et leur fait digérer ses paroles — de meilleur appétit.


BRUTUS.

— C’est vrai. Pour cette fois je vous quitte. — Demain, si vous désirez me parler, — j’irai chez vous ; ou, si vous le préférez, — venez chez moi, je vous attendrai.


CASSIUS.

— Je viendrai… Jusque-là songe à l’univers.

Brutus sort.

— Oui, Brutus, tu es noble ; mais je vois que ta trempe généreuse peut être dénaturée — par des influences. Il convient donc — que les nobles esprits ne frayent jamais qu’avec leurs pareils. — Car quel est l’homme si ferme qui ne puisse