Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 10.djvu/379

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ANTOINE.

— Bonjour au très noble César !


CÉSAR.

Dites à tout le monde ici de se préparer. — J’ai tort de me faire attendre ainsi… — Tiens, Cinna !… Tiens, Métellus ! Quoi ! Trébonius ! — J’ai en réserve pour vous une heure de causerie ; — pensez à venir me voir aujourd’hui ; — tenez-vous près de moi, que je pense à vous.


TRÉBONIUS.

— Oui, César.

À part.

Et je me tiendrai si près, que vos meilleurs amis souhaiteront que j’eusse été plus loin.


CÉSAR.

— Mes bon amis, rentrez prendre un peu de vin avec moi ; — et aussitôt nous sortirons ensemble, en amis.


BRUTUS, à part.

— Paraître, ce n’est pas être, Ô César, — cette pensée navre le cœur de Brutus.

Ils sortent.

Scène VI.


[Rome. Les abords du Capitole.]


Entre Artémidore, lisant un papier.

ARTÉMIDORE.

« César, prends garde à Brutus ; fais attention à Cassius ; n’approche pas de Casca ; aie l’œil sur Cinna ; ne te fie pas à Trébonius ; observe bien Métellus Cimber ; Décius Brutus ne t’aime pas ; tu as offensé Caïus Ligarius. Il n’y a qu’une pensée dans tous ces hommes, et elle est dirigée contre César. Si tu n’es pas immortel, veille autour de toi ; la sécurité ouvre la voie à la conspiration. Que les dieux puissants te défendent !

« Ton ami,
« Artémidore. »