Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 10.djvu/386

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étincelles ; — toutes sont de flammes et toutes brillent ; — mais il n’y en a qu’une seule qui garde sa place. — Ainsi du monde : il est peuplé d’hommes, — et ces hommes sont tous de chair et de sang, tous intelligents ; — mais, dans le nombre, je n’en connais qu’un seul — qui demeure à son rang, inaccessible — et inébranlable ; et cet homme, c’est moi. — J’en donnerai une légère preuve — en ceci même : — inflexible pour envoyer Cimber en exil, — je suis inflexible pour l’y maintenir.


CINNA, s’avançant.

— Ô César !


CÉSAR.

Arrière ! Veux-tu soulever l’Olympe ?


DÉCIUS, s’avançant.

— Grand César !


CÉSAR.

Brutus ne s’est-il pas agenouillé en vain ?


CASCA, s’avançant, le poignard à la main.

— Bras, parlez pour moi !


Casca frappe César au cou. César lui saisit le bras ; il est poignardé par plusieurs conjurés, et enfin par Marcus Brutus.

CÉSAR.

— Toi aussi, Brutus !… Tombe donc, César !

Il meurt. Les sénateurs et le peuple se retirent en désordre.

CINNA.

— Liberté ! indépendance ! La tyrannie est morte ! — Courez le proclamer, le crier dans les rues.


CASSIUS.

— Qu’on aille aux tribunes publiques crier : — Liberté, indépendance, affranchissement !


BRUTUS.

— Peuple et sénateurs ! ne vous effrayez pas : — ne fuyez pas, restez calmes. L’ambition a payé sa dette.