Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 10.djvu/409

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LÉPIDE.

— J’y consens.


OCTAVE.

Marquez-le, Antoine.


LÉPIDE.

— À condition que Publius cessera de vivre, — Publius, le fils de votre sœur, Marc-Antoine.


ANTOINE.

— Il cessera de vivre : voyez, d’un trait il est damné. — Mais, Lépide, allez à la maison de César ; — vous y prendrez le testament de César, et nous verrons — à en retrancher quelques legs onéreux.


LÉPIDE.

Ça, vous retrouverai-je ici ?


OCTAVE.

Ou ici ou au Capitole.

Sort Lépide.

ANTOINE.

— C’est un homme nul et incapable, — bon à faire des commissions. Convient-il, — quand le monde est divisé en trois, qu’il soit — un des trois partageants ?


OCTAVE.

Vous en avez jugé ainsi, — et vous avez pris son conseil pour décider qui serait voué à la mort, — dans notre noir décret de proscription.


ANTOINE.

— Octave, j’ai vu plus de jours que vous. — Nous n’accumulons les honneurs sur cet homme, — que pour nous décharger sur lui d’un certain odieux ; — il ne les portera que comme l’âne porte l’or, — gémissant et suant sous le faix, — conduit ou chassé dans la voie indiquée par nous ; — et, quand il aura porté notre trésor où nous voulons, — alors nous lui retirerons sa charge, et nous le renverrons, —