Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 10.djvu/410

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comme l’âne débâté, secouer ses oreilles — et paître aux communaux.


OCTAVE.

Faites à votre volonté ; — mais c’est un soldat éprouvé et vaillant.


ANTOINE.

— Mon cheval l’est aussi, Octave ; et c’est pour cela — que je lui assigne sa ration de fourrage. — C’est une bête que j’instruis à combattre, — à caracoler, à s’arrêter court, à courir en avant ; — le mouvement de son corps est gouverné par mon esprit. — Et, jusqu’à un certain point, Lépide est ainsi ; — il veut être instruit, dressé et lancé. C’est un esprit stérile qui vit — d’abjection, de bribes et d’assimilations, — et adopte pour mode ce qui a été usé et épuisé par les autres hommes. Ne parlez de lui — que comme d’un instrument. Et maintenant, Octave, — écoutez de grandes choses… Brutus et Cassius — lèvent des troupes ; il faut que nous leur tenions tête au plus vite. — Combinons donc notre alliance, — rassemblons nos meilleurs amis, et déployons nos meilleures ressources. — Allons à l’instant tenir conseil — pour visiter aux plus sûrs moyens de découvrir les trames secrètes — et de faire face aux périls évidents.


OCTAVE.

— Oui, agissons ! car nous sommes attachés au poteau — et harcelés par une meute d’ennemis ; — et plusieurs qui nous sourient recèlent, je le crains, dans leurs cœurs — des millions de perfidies.

Ils sortent.