Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 10.djvu/432

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— Voyez, je tire l’épée contre les conspirateurs : — quand croyez-vous que cette épée rentrera au fourreau ? — Pas avant que les vingt-trois blessures de César — ne soient bien vengées ou qu’un autre César — n’ait fourni un meurtre de plus à l’épée des traîtres !


BRUTUS.

— César, tu ne saurais mourir de la main des traîtres, — à moins que tu ne les amènes avec toi.


OCTAVE.

Je l’espère bien ; — je ne suis pas né pour mourir par l’épée de Brutus.


BRUTUS.

— Oh ! quand tu serais le plus noble de ta race, — jeune homme, tu ne saurais mourir d’une plus honorable mort.


CASSIUS.

— Il est indigne d’un tel honneur, cet écolier mutin, — l’associé d’un farceur et d’un libertin.


ANTOINE.

— Toujours le vieux Cassius !


OCTAVE.

Allons, Antoine, retirons-nous… — Traîtres, nous vous lançons à la gorge notre défi ; — si vous osez combattre aujourd’hui, venez dans la plaine ; — sinon, quand vous serez en goût.

Sortent Octave, Antoine et leurs armées.

CASSIUS.

— Allons, vents, soufflez ; houle, soulève-toi, et vogue la barque ! — La tempête est déchaînée, et tout est remis au hasard.


BRUTUS.

— Holà ! Lucilius, écoutez ! un mot.


LUCILIUS.

Monseigneur ?

Brutus et Lucilius conversent à part.