Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 8.djvu/128

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PROTÉE.

Qui donc alors ? son ombre ?


VALENTIN.

Non plus.


PROTÉE.

Quoi alors ?


VALENTIN.

Rien.


LANCE.

Est-ce que rien peut s’exprimer ? Maître, si je frappais ?


PROTÉE.

Qui veux-tu frapper ?


LANCE.

Rien.


PROTÉE, le retenant.

Drôle, je te le défends.


LANCE.

— Mais, monsieur, si je frappe, c’est sur rien : je vous en prie…


PROTÉE.

— Je te dis, coquin, que je te le défends… Ami Valentin, un mot.


VALENTIN.

— J’ai les oreilles bouchées : elles ne pourraient pas entendre — de bonnes nouvelles, tant elles sont déjà pleines des mauvaises.


PROTÉE.

— Eh bien, j’ensevelirai les miennes dans un profond silence, — car elles sont âpres, malsonnantes et tristes.


VALENTIN.

— Est-ce que Silvia est morte ?


PROTÉE.

Non, Valentin.